Laurent ROUGIER "Président du Comité du CD 82" : «Fatigué mais heureux ! et Repenser la programmation»

Hier à l'issue de ces championnats de France, Laurent Rougier, président du comité de pétanque tarn-et-garonnais, était un homme heureux malgré la fatigue et les fausses notes indépendantes de sa volonté (1) : «Cette compétition était lourde à organiser, surtout sous une telle canicule. Je suis donc épuisé comme toute mon équipe de bénévoles mais très fier. Surtout de ces hommes et de ces femmes de mon comité qui ont été très efficaces tout le long du week-end. Je tiens à leur rendre hommage ! Pour ma part, la boucle est bouclée. Ces championnats de France sont l'aboutissement de 8 années de travail. Je suis heureux de finir ainsi mon mandat. Il est temps pour moi de prendre un peu de recul.»

1. Ces championnats étaient organisés sous l'égide de la Fédération française de pétanque et jeu provençal.

Toute puissante télévision...

On le sait, les chaînes de télévision ont désormais tous les pouvoirs dans l'organisation des compétitions sportives. On l'a encore constaté (et subi) lors des Jeux olympiques de Rio où les TV américaines ont fixé des horaires assez ubuesques aux finales d'athlétisme et de natation qui, pour certaines, se sont disputées à 23 heures (heure locale). Là, aucune contestation n'est pourtant permise puisque NBC a débousé près de 7 milliards de dollars pour satisfaire ses exigences.

Le problème devient beaucoup moins acceptable quand une chaîne de TV se permet d'agir sur le déroulement d'une épreuve sans s'acquitter de la moindre royaltie. C'est exactement ce qui est arrivé hier, lors de ce championnat de France de pétanque.

«L'équipe 21», qui couvrait l'événement, mandatée par la Fédération française de pétanque, a en effet décidé (exigé ?) de faire disputer les demi-finales l'une après l'autre en début d'après-midi. Du jamais vu dans ce championnat historique. Les deux demies et la finale se sont ainsi jouées sur l'unique terrain F, sur un côté du carré d'honneur des Albarèdes.

Résultat : tout une aile des tribunes a assisté de loin à ces trois parties, en étant gênée par l'imposante «girafe» de la chaîne qui obstruait une partie de la vue. D'ailleurs à l'heure de la finale, un bon tiers du public avait déserté les tribunes alors que bon nombre de ces spectateurs s'étaient acquittés du droit d'entrée sur le site (10 euros).

On peut aussi se poser quelques questions sur l'équité sportive que ce décalage a certaine faussé. Les premiers demi-finalistes qualifiés ont en effet bénéficié de deux bonnes heures de récupération alors que les deuxièmes ont dû attaquer la finale sans avoir le temps de souffler. Le mauvais départ des Varois en est la preuve même si Romain Fournié, Ludovic Montoro et Michel Hathchadourian se sont bien ressaisis par la suite.

Enfin, l'organisation en elle-même a été complètement chamboulée. Le jet du but de la finale a été effectué vers 18 h 30 alors qu'en amont, il était prévu à 16 h 30. Quant au parachutiste qui devait amener du ciel, le «bouchon» de la finale, il n'a jamais pu se poser sur le matelas prévu à cet effet dans le carré d'honneur. Avec ces deux heures de retard dans le programme, l'avion qui devait larguer le soldat du 17e RGP a dû rebrousser chemin, les horaires de navigation qui lui étaient alloués étant dépassés.

Une finale de championnat de France triplettes qui se termine à la tombée de la nuit, on n'avait jamais vu cela de mémoire de pétanqueur. L'équipe de bénévoles du comité départemental qui s'est donnée corps et âme durant ces deux jours, méritait vraiment beaucoup mieux.

Surtout quand on sait que «L'équipe 21» ne retransmettra ce championnat de France qu'en différé durant la semaine!

Jean-Marc Barrère

Laurent ROUGIER "Président du Comité du CD 82" : «Fatigué mais heureux ! et Repenser la programmation»

L. Rougier : «Repenser la programmation»

Le président du Comité départemental de pétanque et de jeu provençal revient sur les deux derniers jours du championnat de France triplettes masculins. Eprouvants.

Le soufflé est retombé du côté du marché-gare. Les traits tirés par deux jours où il n'a pas ménagé sa peine, Laurent Rougier peut tirer le bilan du championnat.

Quel est votre sentiment ce matin ?

C'était loin d'être parfait mais on a assumé jusqu'à la dernière minute. Je reçois des messages de félicitations donc ça veut dire que les gens ont apprécié. Mais je répète que cette réussite est celle de tous les membres du Comité.

De quoi êtes-vous le plus fier.

Sans doute du carré d'honneur aux Albarèdes. Il était vraiment magnifique et tout le monde l'a remarqué. C'était une vraie arène dédiée à la discipline. On a réalisé exactement ou presque ce que l'on souhaitait.

Combien de spectateurs sont venus ce week-end ?

Sur les deux jours on peut dire que 10000 personnes sont passées. En termes d'entrées payantes, le dimanche, on a fait entre 3000 et 3500 personnes.

Ça a pourtant mal commencé d'entrée avec l'annulation de Patrick Sébastien ?

Certes mais on ne peut rien contre quelqu'un de malade. Je vous certifie que s'il était venu on aurait fait le plein. J'ai entendu qu'il n'y avait pas assez de réservations, c'est faux.

Et ça s'est terminé dimanche tard, très tard. Trop tard ?

C'est clair que l'on n'est pas maître du temps avec les durées des parties. Je conçois que faire démarrer une finale à 18 h 30, ça fait tard. Et encore, on a démarré le matin une demi-heure plus tôt.

Donc, décaler les demi-finales est un échec.

Il faut sans doute repenser la programmation, j'en suis conscient. Mais le fait que notre discipline passe à la télé est également très important, essentiel. On va parler de la pétanque plusieurs jours de suite, de Montauban. Sur le plan médiatique, c'est parfait ; sur le plan sportif, il est vrai que ça l'est un peu moins. J'estime qu'il faudra revoir la chose. Un match de rugby ou de foot, on sait combien de temps ça dure, pas à la pétanque (sourire).

Autre problème, l'absence d'éclairage aux Albarèdes le samedi soir.

On le savait. C'est pour cela que les parties se sont terminées en haut. On avait commencé à faire les devis pour l'éclairage en bas et on a vite arrêté. Tout est faisable mais à un moment il faut être raisonnable.

La semaine dernière, nous avions eu une finale royale. Pas cette fois.

C'est l'incertitude du sport. Les têtes de série ne sont pas allées au bout et cela nous a sans doute enlevé un peu de monde sur la fin. Mais les champions et les finalistes nous ont offert une très belle partie. Jusqu'à présent on ne fonctionne pas comme au tennis par exemple sur les tirages au sort. Pour l'instant le charme de la pétanque c'est le fait que les meilleurs peuvent s'affronter d'entrée. Ça se discute pour savoir s'il faut changer ou pas.

Côté Tarn-et-Garonnais, peut-on être satisfait ou pas ?

On peut être heureux, oui. La triplette Boulanger de Montpezat a fait un très, très beau parcours et elle a superbement représenté le département. On ne peut être que fier d'eux qui découvraient ce niveau. Et on ne peut être que confiant pour la suite. En ce qui concerne les autres équipes on est déçus qu'elles ne sortent pas des poules mais ils se sont confrontés à ce qui se fait de mieux. Eux aussi ont appris.

Quels sont vos prochains objectifs ?

Il y en a mais on n'en a pas terminé cette année puisque je vous donne rendez-vous au Trophée des villes, à Valence-d'Agen, le week-end du 11 novembre. Nous ne sommes pas aux commandes mais on est là, en soutien.

Propos recueillis par Laurent Lasserre

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