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Conception de la fonction de l'arbitre selon Yvon LAURENS (président de la commission d’arbitrage de la FIPJP)

INTERVENTION D’YVON LAURENS (lors du séminaire des arbitres internationaux)

 

200810152116.jpgYvon a d’abord fait un historique de l’évolution de l’arbitrage pour en venir à ce que l’on pourrait appeler une philosophie de l’arbitrage tel que la FIPJP voudrait qu’il soit exercé partout, ce qui guide tant les sessions de formation ou de recyclage qu’elle organise dans le monde entier, que les examens d’arbitre international.

 

Quelques préceptes essentiels :

- L’arbitre n’est pas un métreur passif, mais un élément actif du jeu.

- L’arbitre est le boss sur le terrain, mais pas un policier; il a aussi un rôle de formation et d’éducation

- L’arbitre doit être sévère mais également diplomate et courtois

- L’arbitre doit avoir une tenue et un comportement exemplaires

- S’il doit connaître le règlement, l’arbitre doit surtout savoir l’appliquer avec discernement

- L’arbitre doit savoir garder ses distances envers tant les joueurs que les organisateurs et la presse

Il a ensuite développé sa conception de la fonction en l’articulant autour de quatre axes : la compétence, la sérénité, la fermeté et la courtoisie, quatre maîtres mots lorsque l’on est arbitre.

 

Compétence : Indispensable à toute compétition, l’arbitre se doit de maîtriser parfaitement la réglementation. Aucun droit à l’erreur, dans ce domaine n’est permis. Seules, sont tolérées, comme dans tous les sports, des interprétations selon la personnalité de chacun, sans, bien évidemment, que cela se transforme en une forme de déviationnisme de nos règlements.

 

Sérénité : Pour être respecté, l’arbitre se doit d’être un exemple : exempt de critiques quant à son « aspect extérieur » : propreté, tenue toujours impeccable ; de même il devra demeurer toujours réservé, courtois mais ferme et, cela va sans dire, d’une intégrité totale face aux organisateurs, officiels ou représentants de la presse. Ignorant les commentaires, quolibets voire injures des spectateurs, il ne critiquera jamais publiquement les décisions de ses confrères. Enfin sachant qu’il n’est pas là, pour être aimé, il doit par son comportement, avant, pendant et après la compétition, mériter le respect qui lui est dû.

 

Fermeté : Sa présence sur les terrains doit être toujours bien visible. Il ne « rase pas les murs » lorsqu’il officie en équipe, le « plus gradé » mettra en confiance ses collègues sans jouer inutilement au « chef ». La compétence se mérite, elle ne s’impose pas. Ses interventions seront toujours empreintes de calme, de politesse et de patience. Il est, en effet, fort dangereux d’ajouter de la colère à l’agressivité. Sa décision prise, elle devra apparaître comme réfléchie et raisonnable. Néanmoins, ne jamais oublier qu’intervention n’est pas toujours synonyme de sanction. Dans un premier temps, le

dialogue doit toujours être privilégié.

 

Courtoisie : Quelle que soit sa décision, elle sera toujours énoncée de façon courtoise, sans excès, sans colère exprimée, sans réflexion désobligeante, qui n’apporte rien et qui ne peut qu'envenimer une situation, peut-être déjà bien tendue.

Il est des conseils spécifiques pour l’arbitrage des jeunes. Ici l’arbitre est un conseiller ; il doit éduquer plutôt que sanctionner. Pas de shérif ; la sanction sera exceptionnelle. En revanche l’arbitre doit être vigilant quant au comportement de l’entourage, en particulier parents et éducateurs. Pour officier

auprès des jeunes il est préférable de confier l’arbitrage à une personne expérimentée et, autant que possible, pédagogue.

Même s’il dispose de toute une panoplie de sanctions adéquates, l’arbitre peut aussi faire parfois appel au jury ; cela est même recommandé dans certaines circonstances difficiles ou pour des sanction particulièrement sévères. Néanmoins il ne faut jamais oublier que ce dernier n’a pas vocation à le suppléer ; il ne doit d’ailleurs pas intervenir sur des questions de règlement. Et si un incident important se produit l’arbitre a le devoir de rédiger un rapport aussi complet que possible et précis quant aux faits évoqués.

 

Dernier point abordé : l’erreur d’arbitrage, question épineuse s’il en est. En effet notre discipline ne peut échapper à la règle. L’erreur, si ce n’est pas une faute d’arbitrage, est concevable et pardonnable, bien qu’elle doive demeurer rare, ce qui sous-entend que nul ne peut jamais se prévaloir d’infaillibilité.

En conclusion un arbitre doit toujours être perçu comme le patron de la compétition. La difficulté consiste dans le fait d’être à la fois respecté et de rester accessible. L’arbitre est un conseiller, dont la priorité doit être d’éduquer plutôt que de sanctionner.

M. Yvon Laurens a demandé aux arbitres présents de promouvoir et de favoriser l’éclosion et la promotion de jeunes talents car il ne peut y avoir de sport et de compétition que s’il y a des arbitres, «ces hommes de l’ombre qui éclairent le jeu» selon une phrase désormais célèbre.

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