Editorial du Président
cantarutti

« Oooh ème, ooo…ooohème, oo..oohème, oo….oooo.., nous sommes les Marseillais, oohooh oo… enc… » crient les supporters dans un stade vélodrome surchauffé face à des parisiens « qatarisés ». Il est 21 h, dimanche 7 octobre 2012, depuis environ 4 heures et demie la France de la Pétanque et du Jeu Provençal est championne du monde. Dylan, Henri, Philippe et Bruno ont posé la pétanque de France sur l’Himalaya. Ou plus simplement, nos quatre mousquetaires venaient-ils de poser la cerise sur le gâteau.

La victoire est une divinité antique représentée sous la figure d’une femme ayant des ailes et tenant une couronne d’une main, une palme de l’autre. La victoire est un avantage qu’on remporte sur un concurrent. Ce succès ne l’aurions-nous pas remporté sur nous-mêmes, sur eux-mêmes peut-être, sur une concurrence franco-française, je le pense. En effet, ces Championnats du Monde étaient un véritable défi, un pari organisationnel et sportif. Pour la première fois dans la cité phocéenne, dans son berceau, la pétanque jouait ses championnats du monde et l’évènement devait être emballé de façon exceptionnelle. La pétanque devait être cette femme divine pourvue d’ailes et de couronne. La volonté n’était pas de faire un remake, le plus beau possible, d’un des meilleurs concours de pétanque ou d’un championnat de France. Non ! La détermination était dans l’exceptionnel, dans l’excellence. Quelques membres de la famille pourront penser que l’organisation aurait pu être interne mais je continue à penser qu’il y a très loin de la velléité à la volonté, de la volonté à la résolution, de la résolution au choix des moyens et du choix des moyens à l’application.

Après une longue préparation minutieuse, professionnelle, associative, sportive, le Palais des Sports avait les attraits d’un magnifique écrin rempli de passionnés, de rencontres, d’échanges, d’émotions, parcouru, visité par un grand nombre de médias télévisés, écrits et parlés. Jamais nos sports n’avaient attiré autant de diffusion et d’exposition médiatique, 25 heures de télévision. Même le seul et plus grand hebdomadaire sportif français, extraordinaire exploit, offrait 4 pages sur l’étoile Dylan. Tout ceci n’a l’air de rien mais à bien y regarder, ce n’est pas des « il faut qu’on.. » ou des « y a qu’à.. » qui donnent un tel résultat.

Un bonheur n’arrivant, paraît-il, jamais seul, les équipes de France féminines en triplette et au tir de précision ainsi que les Jeunes nous offraient les lauriers Européens en ce début Novembre. Au lieu d’être pleine, la victoire devenait divine.

« La victoire a cent pères, mais la défaite est orpheline » disait J.F. Kennedy, à mon avis la pétanque a gagné grâce à sa grande famille. Nous devons tous nous en servir de porte d’entrée, de catalyseur vers nos jeunes générations et vers tout public, nous allons nous en occuper.

La vague médiatique continuera à déferler, sur les écrans, jusqu’à la fin de l’année avec les images du Trophée des Villes pour lequel les Montalbanais avaient créé un mini Palais des Sports pour des Angevins retrouvés et des Niçois irrésistibles. Les diverses finales des divisions du Championnat National des Clubs tiendront les aficionados en haleine et surtout démontreront l’importante nécessité et l’avenir que représente cette forme de compétition basée sur l’esprit et la sincérité.

Certains comme Stéphane Hessel s’indignent contre tout, c’est tendance dans les milieux « autorisés » où le pessimisme est d’humeur. Qu’ils m’autorisent de leur dire que nous possédons l’énergie pour construire un bel avenir, différent du passé, mais conforme à l’optimisme de volonté.

Alain Cantarutti
Président de la FFPJP
Retour à l'accueil