L'œil dans le rétroviseur de Marseille 2012

Marc Alexandre, l'un des speakers de l'événement, dresse son bilan sportif de ces Championnats du Monde de Pétanque. Pour lui « l'écart s'est cruellement creusé ».

nov12-sportifSur sa terre de prédilection, on prédisait à l'équipe de France une ambiance de feu, à même de déstabiliser les plus solides. Mais dans le sillage d'un extraordinaire Dylan Rocher ce sont les tricolores eux-mêmes qui ont enflammé le Palais des Sports de Marseille. Et l'écart n'a jamais semblé aussi grand entre la France et le reste du monde « pétanquiste ».

« Parmi mes dix victoires je ne me souviens pas d'avoir survolé à ce point un Championnat du Monde », la confidence est de Philippe Suchaud, expert s'il en est, lui qui n'a jamais perdu une seule des finales mondiales qu'il a disputé. Les tricolores ont fait le boulot, avec Dylan Rocher, formidable au tir ; avec Lacroix, opiniâtre meneur de bouchon ; avec Suchaud, l'homme de toutes les situations ; et avec Le Boursicaud, partagé entre ses deux casquettes, en équipe et au tir de précision.
Ajoutez à cette Dream Team bleue un terrain extrêmement sélectif, favorable aux meilleurs et un niveau général des nations engagées plutôt moyen.
« J'ai effectivement l'impression que la plupart des formations n'ont pas trouvé la ressource d'élever leur niveau de jeu », confirme Philippe Quintais. L'Italie a été la plus menaçante face à la France, mais c'était lors de la dernière partie du Système Swiss, dans un match sans enjeu, alors que les deux équipes étaient déjà qualifiées pour la suite de la compétition.

 

> Des stats qui parlent

Et puis, surtout, comment s'en sortir face à l'avalanche de carreaux déclenchée par Dylan Rocher. « Il a été tout simplement formidable. Derrière un bombardier pareil, il serait difficile de ne pas gagner. Dans tous les compartiments du jeu nous étions les plus forts » convient Bruno Le Boursicaud. 13/5 contre la Slovénie (1/8èmes) ; 13/3 contre le Maroc (quarts) ; 13/5 contre la Belgique (demie), dont 11 points inscrits en deux mènes (2/5, 7/5, 13/5) ; et 13/3 contre la Thaïlande (finale), les tricolores ont donc survolé le rendez-vous mondial sans frémir une seule fois.
A l'heure où se pose le choix de rajeunir les cadres de l'équipe de France les trois anciens et le minot ont montré le chemin. Viendra bien sûr l'heure des décisions cornéliennes, que l'on va s'empresser de remettre à plus tard pour savourer l'instant présent.

 

> Tir de précision : Le Boursicaud, un point c'est tout

Il savait qu'il jouait gros, en défendant son titre au tir de précision. Il le savait d'autant plus qu'il a fait de ce graal de meilleur bombardier de la planète sa marque de fabrique. Mais à force d'entendre Bruno Le Boursicaud clamer haut et fort qu'il n'a « peur de personne » il était forcément attendu au coin du boulodrome, juste pour vérifier qu'il a toujours les moyens de sa réputation.
Et ça a tout simplement très mal commencé, avec une place en repêchage accrochée in extremis, puis quelque chose de plus serein jusqu'à cette finale remportée 32/31 contre l'Ivoirien Kouandé. « Bien sûr que le score est étriqué », remarque le nouveau Champion du Monde, « mais l'essentiel dans ce genre de match un contre un est de gagner ».

 

> Renouveau asiatique

On soulignera la présence dans le dernier carré de Vanna Sieng, le Cambodgien, et Muhamad Nuzul Azwan, le Malaisien. Ces deux jeunes tireurs flegmatiques, nouveaux venus sur le devant de la scène internationale, ont adressé un joli message. Celui que l'on peut venir rivaliser face aux ténors de la discipline. A se revoir bientôt...
Quant à Adama Kouandé il était inconsolable au terme de cette finale perdue de si peu. 48 heures plus tard, avec un peu de recul, il oscillait entre la satisfaction de son résultat et l'amertume de sa contre-performance. « Bien sûr qu'il y avait la place pour gagner, car Bruno n'était pas transcendant dans cette finale. Mais j'étais épuisé par une préparation des Championnats du Monde éprouvante. Et c'est à l'énergie et au mental que j'étais déjà arrivé là » se confie Adama Kouandé.

FFPJP

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