Marco Foyot perpétue dans son centre d'entraînement héraultais et dans les trainings  qu'il propose aux quatre coins du globe les enseignements qu'il a reçus très tôt de Mario, son père.

Enseignement de la pétanque

 

Marco Foyot, les leçons du père

 

 

Légende vivante, globe-trotter de la pétanque et champion toujours compétitif, Marco Foyot s'est vu inculquer, dès l'enfance, les vertus de l'entraînement. Rien d'étonnant donc à ce qu'il perpétue dans son centre de stages héraultais et dans les trainings  qu'il propose aux quatre coins du globe les enseignements qu'il a reçus très tôt de Mario, son père.

 

Tu animes des stages depuis 2001, à destination de différents publics. Comment est-ce que c'est né, cette aventure ?

C'était une idée de mon fils Benjamin. Je faisais déjà certaines choses dans des clubs, et puis j'ai toujours eu ce truc, depuis mon enfance. Mon père était président du Cochonnet Meldois, en Seine-et-Marne, et il me faisait faire des ateliers, comme la boule sur la poutre ou le changement de diamètre : l'hiver, il m'entraînait à tirer avec des 74/730 entre 9,5 et 13 mètres pendant quatre mois ! Au printemps, quand je reprenais mes 76/690 et que je me retrouvais entre six et dix mètres, je n'en manquais jamais...

 

 

Donc, ton père était quelqu'un qui croyait aux vertus de l'entraînement dans un monde où, encore plus qu'aujourd'hui, on ne croyait qu'au don et à l'adresse naturelle?

Bien sûr, c'était un précurseur. Il traitait ça comme un autre sport : je faisais aussi de l'athlétisme, j'étais recordman de France en 1966 sur 600 mètres, et c'est mon père qui m'entraînait, là aussi. Et puis, au Cochonnet, je n'étais pas le seul : on était une cinquantaine de mômes à jouer à la pétanque au parc Frot à Meaux, il nous entraînait, nous emmenait faire les championnats, tout ça, quoi.


Donc, en montant ces stages sur une idée de ton fils, vous vous inscriviez dans l'histoire familiale ?

Exactement. Au début, on a monté ça à Baillargues pour Pâques : il y avait douze stagiaires, et on avait fait deux jours. Ensuite, on en a fait trois, et maintenant, on arrive à faire quatre jours : le lundi, j'invite tout le monde, ça met de la convivialité, c'est important.

Et puis dans mes stages, tout le monde est mélangé, jeunes et vieux, débutants et confirmés, parce que c'est ça la pétanque et que je ne compte pas mon temps. On travaille dur, j'apporte à chacun ce qu'il lui convient, et après je laisse la place au côté détente, déconnade, parce que les journées sont denses.

 

 

Tu es aussi parrain des concours de jeunes au Mondial de Millau. Parle-moi de ça.

Oui, et depuis le début. J'avais soumis l'idée à Damien Mas, il avait trouvé ça bien, et ça dure depuis une bonne dizaine d'années. C'est moi qui remet les dernières récompenses sur le podium, aux minimes, aux cadets et aux juniors.

 

MONDIAL de MILLAU 2012 296

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Tu fais aussi pas mal de formations à l'étranger, essentiellement pour des adultes. Il y en a de prévues prochainement?

Oui, notamment en fin d'été. Je pars du 25 septembre au 12 novembre aux Etats-Unis pour un truc qui va s'appeler le Marco Tour States Academy : ça va partir d'Albuquerqe au Nouveau-Mexique, puis San Francisco, l'Ohio, New York, Miami, pour des clinics dans des clubs qui ont souhaité m'inviter, et en collaboration avec la fédération américaine. Voilà, ça se termine à Amalia Island, pour le tournoi de pétanque.

 

Qu'est-ce qui est différent à l'étranger?

Ce qui est différent, c'est que là-bas, en Allemagne, en Angleterre, au Japon, où tu veux, tout le monde trouve normal de payer pour apprendre. En France dans le milieu de la pétanque, c'est très différent. Attention, je dis bien dans le milieu de la pétanque, parce que dès qu'on en sort, c'est très différent : là, on trouve aussi plein de gens qui pensent qu'apprendre, ça se paye. Quand je fais des trucs avec le groupe Casino, le groupe Dentressangle, que je fais des pro-am golf/pétanque à Gassin ou à Megève, tout le monde trouve normal de faire un chèque.

 


Tu joues cette année avec deux jeunes joueurs, Moineau et Topoto Feltain : ce dernier remplace Benji Renaud qui porte le deuil de son père. Au-delà de tes qualités de pointeur et de ta capacité à finir les mènes de tir, qu'est-ce que tu penses pouvoir apporter à ces jeunes ?

Je vais leur apporter mon expérience, les rendre forts. Je vais leur apprendre que certaines boules sont plus importantes que d'autres, qu'il faut taper les bonnes boules, gagner les points importants, parce que si on en joue pas celles-là, ça ne sert à rien de faire du vingt sur vingt avant.

Bon, Moineau, il commence à savoir ces choses, mais je crois que je peux leur apporter deux-trois trucs comme ceux-là.

Et puis il y a d'autres notions, comme le respect de soi et le respect des adversaires : pour moi, c'est très important. Je sais que certains pensent que je suis un embrouilleur parce que j'aime bien parler : pourtant, j'ai toujours respecté mes adversaires. On ne m'a jamais vu bouger, ni tricher, ni mordre le rond, j'ai horreur de ça.

Après, le reste, tout ce qui relève du caractère, c'est autre chose : mais ça aussi, je l'ai appris de mon père. Il m'a beaucoup marqué : dans tout ce que je suis en train de faire actuellement, je pense à lui. C'est lui qui a fait de moi un champion, et tout ce qu'il m'a appris, j'ai envie de le transmettre à mon tour.

 

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