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Pétanque, "cancans ou galéjade", et farniente au soleil

La Ville a organisé hier, comme chaque année, son tournoi de pétanque amateur. Rencontre avec les joueurs et leurs supporters sur « le banc de touche ».

Armés d'un mètre, les joueurs vérifient consciencieusement qui a marqué le point. Une démarche bien souvent source de contestations.
Le haut parleur grésille. « Le tirage au sort est fait. Tout le monde en piste. » À l'autre bout du micro, il y a Paul Godefroy, fringuant sexagénaire et organisateur de l'annuel concours de pétanque de Péronne. Et aujourd'hui, il exulte. « On compte 46 équipes, soit 92 joueurs. C'est un peu l'apothéose ! »

Chacun cherche son équipe adverse dans un flou artistique total. Fanny Blanc et son compagnon sont l'équipe numéro 10. Casquettes Obut vissées sur la tête, ils ont hâte de jouer, mais attention, « dans la bonne humeur ». Certains joueurs seraient-ils parfois un peu grincheux ? « Disons que quand il y a un gros lot, on les sent, les compétiteurs acharnés... », lâche la jeune femme. Un gros lot gardé secret et dévoilé à mi-mots entre boulistes. « Il paraîtrait que c'est un vélo », dit l'un des hommes accoudé à la buvette.

Les astuces de vainqueurs

Côté équipement, « rien ne vaut la casquette, la bouteille d'eau et bien entendu les boules de pétanque. Moi, je ne jure que sur des Obut de 780 grammes », dixit un habitué. Les voilà donc parés pour faire des étincelles. Se concentrer, viser sa cible et... la manquer. « C'est pas vrai ! s'exclame un joueur au physique de rugbyman, il ne manquait pas grand-chose pour que ça passe ».

Un peu en contrebas de la piste, un petit blondinet d'à peine 5 ans joue tout seul avec ses boules en plastique. Au moins, il ne risque pas de perdre. À Péronne, la pétanque semble bien se transmettre de père en fils. Nicolas Bongard joue depuis ses 8 ans, soit depuis presque vingt ans. « Certains jouaient au foot le samedi après-midi, moi c'était la pétanque. Plus convivial». Plus convivial ? Pas sûr. Quand la compétition entre en ligne de compte, certains joueurs se révèlent être de bons comédiens. « Tout est bon pour déstabiliser et faire perdre l'adversaire. Certains essayent les flatteries, d'autres sont agressifs ». Pascal de Jeager, son coéquipier, se demande carrément « quel concours ne finit pas par une engueulade ? » Pas si placides les amateurs de pétanque.

Si la compétition s'emballe au milieu du terrain (« Mais enfin, tire plus fort ! Je t'ai dit d'y aller ! »), sur les côtés, à l'ombre des grands arbres, on se la coule douce. Parasols, Coca zéro, et chaise de camping, deux femmes papotent. Et le jeu ? « On surveille ! On se tient au courant du score bien entendu ». Elles resteront installées là jusqu'à la finale, vers 20 heures Un peu plus loin, une jeune femme s'écrit : « Oui, c'est bien Fred...!!! » Fidèle supportrice de son mari, elle est venue avec sa belle-sœur qui elle aussi encourage son époux. « Il faut bien, sinon ils vont perdre et ne seront pas contents »

Et les femmes sur le terrain ? Moins d'une dizaine. « Il faut que je m'occupe de mes quatre enfants, (explique une femme installée sur un banc). Mais je bous ! Mon mari mène d'un point seulement ! » Les deux belles-sœurs, quant à elles, seraient bien allées jouer. « L'année prochaine, on pensera à laisser les enfants à nos hommes et à jouer à leur place ». Elles rient : pas sûr que cela se fasse.

ANAÏS CARPENTIER

 


Courrier picard

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